Comment fabriquer une kalimba soi-même ?

Depuis peu, on voit fleurir des kalimbas un peu partout sur la toile. Cet instrument, de la famille des idiophones, semble être devenu le nouvel instrument à la mode. Et pour cause, il est petit, maniable, facile d’apprentissage, bon marché, et offre un son irrésistiblement doux.

Inutile de vous ruiner si vous débutez, ici on vous dit tout sur la méthode de fabrication de la kalimba.

Quelques mots sur l’instrument

À l’origine, la kalimba nous vient d’Afrique Sub-Saharienne et connaît bien des noms selon les ethnies qui l’utilisent : mbila, nhare, likembe, ubo, sanza, zanzu… N’étant pas très bruyant, il est, à la base, surtout destiné à accompagner les histoires des conteurs. La kalimba est donc plutôt réservée à un usage personnel ou intimiste.

L’utilisation en est très simple ; il suffit de la tenir au creux d’une main puis, de l’autre, appuyer sur ses différentes lamelles afin de les faire vibrer. Grâce à la caisse de résonnance au centre de l’instrument, le son est démultiplié et déploie une magnifique harmonie.

Mbira de Tanzanie

Aujourd’hui, son succès a dépassé les frontières de l’Afrique pour rejoindre les usines chinoises qui l’ont industrialisé et distribué à grande échelle. Il est très populaire en art-thérapie, notamment chez les enfants qui adorent ses sonorités caressantes et sa facilité d’apprentissage. Il est donc le compagnon idéal pour des cours d’éveil musical.

Le matériel pour fabriquer une kalimba

Que la kalimba soit ronde, carré ou triangulaire, qu’elle soit de bois, de plastique ou de métal, elle sera toujours composée des éléments suivants :

  • Résonateur
  • Lames
  • Chevalets (postérieur et antérieur)
  • Barre de pression
  • Table d’harmonie

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Première étape : fabriquer le résonateur

Pour un kalimba basique, munissez-vous d’une planchette de bois assez dure comme le noyer, le frêne ou encore le merisier. Elle devra mesurer environ 17 cm par 10cm et être d’une épaisseur de 2cm.

Avec cette méthode, le volume sonore sera assez faible et donc idéal pour que les enfants épargnent les oreilles de leurs parents en s’entraînant !

Si vous souhaitez un instrument plus puissant, recourez plutôt la technique suivante :

Votre résonateur se doit d’être creux pour que son volume soit amplifié. Procurez-vous une boîte à cigare par exemple, ou n’importe quelle boîte en bois de 10 x 17 cm.

Si vous désirez tout fabriquer de bout en bout, utilisez des tasseaux plats ou même du contreplaqué de 3 x 1 cm que vous assemblerez pour en faire une boîte.

Pour vous rapprocher encore davantage des premiers modèles ancestraux, vous pouvez parfaitement choisir une noix de coco ou une calebasse que vous couperez dans le sens de la longueur.

Deuxième étape : la table d’harmonie

Pour cette partie de l’instrument, il est plutôt recommandé d’utiliser du bois tendre, tel que le sapin, le peuplier, l’épicéa ou le bouleau.

Détaillez une planchette, placez-là sur le résonateur et à l’aide d’un crayon, dessinez-en le contour. Découpez ensuite votre petite planche en respectant cette forme, puis faites un trou d’environ 25 mm.

Enfin, collez votre table d’harmonie au résonateur à l’aide d’une colle spéciale bois ou de colle forte.

Troisième étape : la barre de pression

Traditionnellement, on coud la barre de pression (simple barre métallique à peine moins grande que la largeur de l’instrument) avec du fil métallique assez épais et d’une longueur d’environ 10 mm. Avant cela, percez des trous de façon rectiligne en haut de la table, et dans le sens de la largeur.

Le nombre de trous et leur espacement dépend du nombre de lames que vous aurez sélectionné ainsi que leur épaisseur. Si vous avez choisi d’y placer 9 lames par exemple, vous devrez percer 4 trous d’environ 3 mm. Chacun des trous sera espacé d’environ 20 mm. Vous l’aurez compris, les lames seront donc rassemblées par groupe de trois.

Une autre technique est possible : vissez des pitons ronds à même la table d’harmonie, puis faites-y glisser votre barre métallique à l’intérieur.

Quatrième étape : les chevalets

Le chevalet antérieur est un petit tasseau de bois idéalement triangulaire qui doit être de la même longueur que la barre de pression. Sa hauteur doit dépasser de 1 à 2 mm les cales sur lesquelles est fixée la barre de pression.

Le chevalet postérieur, quant à lui, doit être plus long que la barre de pression, pour que les lames s’y écartent. On pourra utiliser un bout de métal de 1 mm d’épaisseur et de 10 à 12 mm de largeur. Ses deux extrémités seront alors repliées à 90 degrés, puis on ajoutera des encoches aux deux extrémités, pour ensuite y bloquer fermement la barre de pression.

Cinquième étape : les lames

Plusieurs choix de matériaux s’offrent à vous : les dents souples d’un vieux râteau, des manches de vieilles cuillères, des cordes à piano, etc…

​Faites un premier essai avec l’une de vos lames en la faisant passer au-dessus du chevalet supérieur, puis en-dessous de la barre de pression, puis reposez-la au-dessus du chevalet antérieur, pour bien caler la lame.

Accordez-là sur la note la plus grave (tutoriels disponibles sur le Net) puis, si cela vous convient, coupez-la 2 cm après le chevalet antérieur.

À partir de là, calquez-vous sur la dimension de cette première lame pour faire les suivantes de manière décroissante. Ôtez 5 mm à chaque fois par exemple, afin d’obtenir les notes plus aiguës.

Attention : polissez avec application le bout de vos lames, avec une lame à métaux par exemple. Elles doivent être douces et lisses afin que vos doigts ne viennent pas s’y abîmer, c’est une étape cruciale pour pouvoir jouer confortablement.

Recourbez délicatement chaque bout de vos lames du côté postérieur (vers le trou du résonateur) à l’aide d’une pince ronde (souvent utilisée en loisirs créatifs).

Répétez la même opération du côté antérieur des lames, mais cette fois, plus vigoureusement, pour les faire entrer de force dans le chevalet antérieur lorsque viendra le moment du montage.

Enfin, passez vos lames dans le four jusqu’à qu’elles bleuissent, afin que votre kalimba produise un son plus cristallin encore. (Si cette étape vous semble trop complexe, il existe des kits de lames vendus sur internet).

Il vous suffira ensuite de forcer le passage des lames, avec une pince si nécessaire, de la note la plus grave au centre aux plus aiguës sur le côté.

Félicitations, vous venez de fabriquer votre première kalimba, il ne vous reste plus qu’à vous exercer et à profiter de ses belles mélodies hypnotiques !